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Auteur : Rien
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Version complète de l'histoire
Nouvelle de

Paranoïa

Chapitre 2 :
La chiée du bocal


Paranoïa

2 : La chiée du bocal

C’est dans un silence matinal que ce petit être va pousser un cri. Un tout petit poisson. Ni vert ni jaune ni rose ni bleu ni noir mais bien rouge.
Il emploiera son propre langage. Et tout fait.
Il voulait il y a longtemps être un oiseau. Mais comme son imagination était trop fertile, des Hommes le mirent en cage.
La bestiole s’échappa.

Voilà le genre de conneries qu’elle peut écrire ! Est-ce qu’il en valait la peine de la manipuler ? Vous faisait-elle de l’ombre ?
Elle se sent si seule tout au fond de son être. Elle pourrait ne plus y penser. Mais comment ?
Toutes les images, tous les mots dits.
Les temps pliés à son passé sont-ils venus à bout de son analyse sur tout et rien ?
Elle est rien ! Elle veut être rien pour qu’on la laisse vivre paix. Elle ne connaît presque personne et se sent la proie. Là, pensant à un immense puzzle, toutes les pièces en tas. Et une à une il va falloir construire l’image.

Le côté ésotérique est très présent dans sa vie. Elle en a eu peur très longtemps, et encor aujourd’hui il la terrifie.
Elle ne souhaite pas faire le mal mais elle en fait cependant. Ce sont des pensées fatiguées venant s’écrire, ne lui en voulez pas trop de poser toutes ces pièces posées en vrac pour l’instant.
Elle observe la couleur majoritaire : le rouge.
Mais toutes les autres couleurs sont aussi présentes. Le marron de son pull en laine, l’orange de sa tasse à café, le jeune jaune de son rire à écrire ceci. Du violet bien sûr ! Du bleu, du gris, du vert, mais pas de vers à l’horizon, bien qu’elle pourrait.
La carpe et diem aime tant la poésie. La poésie est faite de magie. L’ésotérisme ne pouvait qu’être présent dans sa vie.
Et dans la rime qui vient sans qu’on l’attende, la petite, qui ne s’insultera pas tout de suite, essaye de comprendre.
C’est presque une écriture automatique. Mais dans quel but alors ?
Devrait-elle faire comme un discours ? Le mot toujours lui fait penser à la solitude.
Est-elle qui elle est vraiment ? Elle trouve cette phrase assez drôle.

La chiée du bocal… Quelle expression magnifique mon amour !
Mon amour !
Son amour !
Ton amour !
Toujours !
Parfois il est question d’un saut de ligne pour remettre les pendules à l’heure. Vous vous doutez bien, lecteurs, que dans un texte comme celui-ci, tout ne va pas se comprendre à la première page.
Mais on s’en fout de tout. Osef comme on dit chez nous.
Le langage des poissons. C’est une sorte de son devant se taire mais qui n’en fait rien.
Car elle est rien.
Absolument rien
Toujours rien.
Alors pourquoi avoir pris autant de temps plié pour la voir se plier, se soumettre. Surtout qu’une partie d’elle-même à vraiment aimé cela !
Oui, j’ai aimé me soumettre volontairement. Obéir un instant pour aller jusqu’à ma limite. J’y ai trouvé une excitation non négligeable. J’aime ce jeu de rôle de domination et de soumission. Et je t’aimais en ces instants. Oui, je t’aimais vraiment.
L’amour est révélateur. Je devais t’aimer. Qui que tu sois mon amour.
Je t’aime
Toujours !

En mode texto.
Et si tu fermais ta gueule ? Si plus aucune pensée ne traversaient ta tronche.
Que ressens-tu réellement à part cette lourde fatigue ?
– eh bien, la peur est l’émotion la plus prenante. En tant que femme j’imagine le pire comme je me suis imaginé le meilleur.
Ne t’ai-je pas demandé de te taire ?
– je ne veux pas me taire. Je ne peux pas me taire.
Crois-tu avoir raison ?
– des raisons et des torts. Je dois me mêler de ce qui me regarde certes. Savoir ignorer une personne que je ne sens pas. Je n’en serais pas là. Mais je voulais faire confiance.
Et fais-tu confiance ?
– encor moins maintenant ! Je savais au fond moi que ce jour allait arriver. Pourquoi je l’ai cherché ainsi ?
Pour te soumettre. Pour avoir tort.
– j’ai eu tort ! Maintenant que j’avais raison !
Et maintenant tu vois quoi ? Tu ressens quoi derrière cette peur ?
– l’humiliation peut-être. Sûrement. Un prêté pour un rendu même si je ne pense pas avoir commencé les hostilités à la base. Mais je peux me tromper.
Il y a 2ans, comment voyais-tu cet homme ?
– malade, âgé, intelligent, attentionné, meurtri, attirant.
Et aujourd’hui ?
– pareil. Avec de la peur ajoutée à chaque mot attribué.
Tu as peur qu’il soit malade ?
– peur qu’il le soit ou peur d’avoir envie qu’il le soit.